Blood Omen II

Blood Omen II
Bon voilà je voulais faire une petite parenthèse pour ce merveilleux volet de la série Legacy of Kain, qui malheuresement n'est pas compté dans le résumé de l'Histoire de Nosgoth; ce que je trouve très dommage.
Du point de vue scénaristique ce volet a tout pour plaire, certains personnage dégage vraiment quelque chose au niveau des protagonnistes rien à redire ils degagent tous quelque chose mis a part Vorador (qui déjà ne devrait pas être présent vu qu'il est censé être mort vous vous souvenez la décapitation enfin) qui a perdu de son charisme légendaire on touve un être un peu pleutre est faible face à Kain alors qu'il est censé ce sentir toujours supérieur a Kain (quand on voit dans Blood Omen I), son aparence n'est pas non plus sans défault disons qu'il a l'air d'avoir perdu du muscle ptdr.
Sinon à part celà on retrouve un Kain très réussi qui a presque la même mentalité que dans la série Soul Reaver quand je dis presque c'est qu'on ressent tout de même qu'il est encore un peu l'arrogant juvénile (ce qui ne déplait pas bien au contraire), pour ce qui est du côté physique je dois dire que c'est rès réussi, les graphismes conceptuels de Soul Reaver II ont était changé afin de rester vraiment dans l'idée Gothique du premier volet de la série, Kain est alors facilement assimilé a sa première apparence (du moins lorsque l'on joue à BOI pendant le jeu on constate très facilement les long cheveux en arrière ou lorsque l'on regarde l'image de Kain dans le menu...).
Si il y a vraiment un personnage réussi c'est bien notre petit noble.
Pour mon avis personnel il y a un autre personnage qui m'as vraiment passionnée je veux parler de Umah, l'espionne en tout genre qui ne manque pas de caractère; d'ailleur notre petit aristocrate l'aura remarqué autant que nous.
Tout le long de l'Histoire elle nous accompagnera (surtout au début).
L'histoire de cette jeune femme va finir par se mélangé avec celle de Kain, et au fil de l'Histoire nous allons voir un changement constant de comportement entre eux deux, les créateur nous tiennent elors en haleine Umah la guide de Kain au début, puis ensuite la jouvancelle en détresse que Kain va secourir, tout sa pour finir bluffer lorsque Kain et celle-ci ce font transporté au sanctuaire et quelle se retrouve dans ces bras, pour ensuite qu'elle le trahisse en lui arrachant le pierre de Néxus, Kain va alors bien évidement retrouvé celle-ci agonisante face au Séraphéens, Kain va alors achvé le dernier et achevé ensuite Umah lui même après lui avoir au préalable demandé si elle le voyait comme le chef suprême de Nosgoth et si elle croyait que Nosgoth lui appartenait de plein droit.
On est alors très en haleine elle lui répond que oui est elle le supplie de lui donner du sang car seul lui peut la sauver a cette instant, et il lui répond alors tu peux mourir en connaissant la vérité il l'achève d'un coup de griffes au niveau de la gorge, déja à ce moment la on est vraiment concentré sur le jeux et clou du spectacle on il nous sort tu n'orais du jamais me trahir tu orais put être ma Reine.
LES SENTIMENTS DE KAIN SONT REVELER VOILA LA SEUL FEMME QUE KAIN AIMAIT AIME ET AIMERA est tant donné que dans les autres il n'est pas avec une nana à ces côtés, juste pour cette aspect la de BOII on ressent vraiment que Kain est encore un peu le petit arrogant juvénile.
Pour ma part j'ai vraiment aimé la "romance" qu'il y avait entre eux deux malheuresement a mon sens Umah ne partagé pas cette romance quoi que celle-ci a mon avis ne pouvait ce douté des sentiments de Kain a son égare vu qu'elle dit Kain lorqu'il lui annonce qu'elle n'aurait pas du le trahir, qu'elle aurait put être sa Reine; je crois qu'a ce moment la elle se rend compte qu'il n'est pas un monstre comme tout les autres aiment à le dépeindre.

# Posté le mercredi 09 mai 2007 07:17

Modifié le vendredi 11 mai 2007 16:44

Chroniques de Kain

V- Au delà de la Vengeance


Kain avait consciencieusement nettoyé son épée avec le linge d'un des mourants puis l'avait rangée. À présent calme et souverain, le vampire s'abandonna à la contemplation, admirant ce lieu dégradé, jonché de corps exsangues et couvert de bois calciné, bilan du massacre qu'il avait commis. En s'agenouillant un instant, il plongea sa main dans le sol, et, après avoir gratté la terre froide et maculée qui s'y trouvait, il en ôta une poignée qu'il approcha de son nez pour profiter au mieux de ces fragrances capiteuses. Puis son plaisir assouvi, il se releva et écarta ses doigts, laissant ce mélange bourbeux se déverser en lents filets réguliers dans le trou ainsi creusé. Kain se retourna et quitta le campement, il n'avait plus rien à y éprouver...

« Ce n'est pas fini Kain ! Ces imbéciles n'étaient que les instruments de ton meurtre, pas la cause. Cherche du côté de leur maître... ! Cherche du côté des piliers... ! Et accède à la forteresse de l'esprit !! »

Kain sursauta ! Le nécromancien, par quelque incroyable magie, venait de lui parler par pensées ! Ce sorcier pouvait donc communiquer avec son protégé et surveiller apparemment ses moindres faits et gestes. Le vampire en était d'autant plus surpris qu'il n'imaginait pas un si vif intérêt de la part de Mortanius à son encontre. Qu'est-ce que cela cachait ? Et pourquoi donc ces sous-entendus sur les gardiens de Nosgoth ? Ces puissants sorciers qui avaient pour rôle de veiller sur le monde et qui n'avaient que faire, depuis que Kain était né, de sa noblesse et de ses royaumes... Malgré tout, ces questions demandaient des réponses, et peut-être que les piliers seraient l'endroit où il apprendrait la vérité, il ferait donc comme le nécromancien le lui avait suggéré...

En méditant sur ces paroles, Kain avait rejoint le réseau des routes principales et ne tarda pas à faire face au panneau indiquant la direction de Ziegstruhl, lieu de son supplice. Le vampire avait un compte à régler avec les habitants de cette bourgade, cette nuit serait donc mise à profit pour leur faire payer leur participation à son assassinat. Pendant qu'il projetait ainsi ses plans, le jeune vampire eut conscience que le jour allait bientôt débuter. Beaucoup de temps s'était écoulé depuis son éveil ; il ne savait que peu de chose sur sa nouvelle race, mais il connaissait par réputation l'effet destructeur qu'avait le Soleil sur eux. Il ne lui restait alors que peu de temps pour mettre son projet à exécution. Il se mit donc à courir, évitant au possible les restes de l'orage que le sol n'avait pas encore absorbés. Kain ne ferait aucune faveur aux habitants de cette place : ils goûteraient son épée, et lui leur sang... tel était le juste châtiment pour son assassinat sanglant.

Kain était enfin arrivé aux portes du village des traîtres. Déjà l'odeur de leurs corps chauds remplis de vie affluait dans les narines du vampire et réveillait ses instinct de prédateur. Pourtant une crainte compensait ce plaisir. L'aube avait, en effet, commencé à illuminer le ciel de ses rayons colorés et, même préparé, il en ressentit avec amertume de la douleur. Le monde avait à présent changé devant ses yeux. Kain ne s'était pas attendu à une telle cruauté de la lumière. Dans l'étreinte du Soleil, il ne put trouver de réconfort, seulement de la malice. Cela devait s'aggraver avec le temps, cela et d'autres choses... Il fallait faire vite, avant que l'astre solaire ne soit à son zénith ou il périrait, sans doute, dévoré par sa chaleur et sa puissance...

Le vampire était chanceux : Tout près de l'entrée de Ziegstruhl, un villageois, une hache à la main, débitait quelques bûches. Ses yeux étaient concentrés sur son ouvrage et sa peau, rouge, ruisselait de perles de sueur. L'homme n'était préoccupé que par son labeur, et ne fit donc guère attention à l'approche du prédateur. Le visage de celui-ci dévoilait un sourire carnassier jouant sur ses lèvres, car il n'y avait aucun doute, ce bûcheron aurait été un reconstituant facile mais Kain était pressé d'en finir... Arrivé à sa hauteur, il lui planta son épée dans le corps. La pauvre victime n'eut même pas le temps d'hurler qu'elle s'effondra sur le sol, inerte, sa tunique maculée d'une tache pourpre au niveau du c½ur... Pénétrant dans le bourg, le vampire se dirigea, tout d'abord, en direction de la taverne, dans laquelle tout avait commencé ; massacrant au passage les villageois qu'il croisait sur la place, en s'attachant à être égal dans la souffrance et à ne faire aucune distinction entre les hommes et les femmes qu'il étripait. Lorsqu'il entra dans l'auberge, le vieil homme manqua de s'étrangler : C'était lui !!! Le voyageur à qui il avait refusé l'hospitalité, conformément aux ordres !!
Kain, voyant sa réaction, eut un rire de gorge froid et mauvais, et, s'avançant résolument vers lui, élimina rapidement les deux seuls humains de l'auberge qui s'étaient levés. L'homme était sans voix, puis, reprenant ses esprits, il prit ses jambes à son cou et monta à l'étage. Il grimpa les escaliers aussi vite que son âge le lui permit et courut comme un dément se réfugier dans sa chambre pour s'y enfermer à double tour. Tout tremblant, il alla à la fenêtre et l'ouvrit pour demander de l'aide extérieure. Mais rapidement il se rendit compte que personne ne l'entendait, et contempla avec effroi l'affreux tableau que composaient les cadavres sanguinolents, étalés au sol çà et là. Le voyageur qui le traquait n'était pas seulement un fantôme qui revenait pour le hanter, mais un démon sanguinaire !

Kain avisa les escaliers qui menaient à l'étage. Se doutant qu'il n'avait aucun moyen de s'échapper et qu'il avait dû se cacher quelque part, le vampire prit tout son temps pour monter les marches, s'appliquant à les faire craquer bruyamment. Puis avec une lenteur calculée, il ouvrit une à une les portes, faisant mine de le chercher. Ah, que ce petit jeu l'amusait ! En vérité, il avait déjà deviné où se trouvait l'aubergiste, car cette douce odeur de peur était un indice précieux, mais à ce moment le sadisme régnait en maître dans son esprit... Enfin, perdant patience, il ouvrit la porte de la chambre à toute volée et se planta devant le vieil homme. Lui, recroquevillé sous un drap, dans un coin de la pièce, tremblait comme une feuille. Le vampire retira le drap d'un geste violent et, saisissant sa "surprise" par le col, lui décolla ses courtes jambes du sol, puis porta l'aubergiste à hauteur de son visage, afin qu'il puisse planter son regard dans le sien. « Parle ! Qui est celui qui orchestré mon meurtre !?! » « Je-je l'ignore, je-j'vous assure, je-je n'ai fait qu'o-obéir à des ordres. » « Très bien... » Deux éclairs traversèrent alors les pupilles de Kain. Le vieil homme y lut son arrêt de mort. Tandis qu'il allait bafouiller une autre supplique, ses yeux s'écarquillèrent ; un tranchant métallique avait douloureusement traversé sa gorge... Alors qu'il rendait l'âme dans un dernier râle, Le vampire renifla de mépris : L'homme avait tellement eu peur qu'il en avait souillé son pantalon. Kain lâcha immédiatement le corps inanimé avec un dégoût manifeste et essuya précautionneusement la lame de son épée sur l'un des draps traînant dans la chambre. Il restait maintenant à achever son ½uvre par la suppression des quelques villageois encore vivants. Il quitta donc la chambre et redescendit les escaliers...

À l'extérieur, le Soleil brûlait de plus en plus sa peau mais Kain marcha dignement jusqu'au sud de la place. De là, il vida une à une les maisons de leurs rares occupants et y récolta les quelques objets intéressants qui s'y trouvaient. La bête n'eut aucune pitié et n'épargna pas même les enfants encore dans leur sommeil mais tout aussi coupables à ses yeux... La boucherie fut complète : Au total une trentaine de corps mutilés parsemaient les ruelles du bourg, alimentant ainsi la terre et la gorge du vampire de leurs sangs soustraits à leurs chairs. Kain en avait terminé, il décida qu'après toute cette nuit à marcher et à tuer, il avait bien mérité un peu de repos ; et pour ce qui était des Piliers, il reprendrait la route après le coucher du Soleil. Et puis, le jour était devenu trop dangereux pour qu'il puisse voyager maintenant. Alors, recherchant l'abri qui le protégerait pendant un sommeil mérité, le vampire s'arrêta devant la plus grande maison. Sans doute avait-elle abrité la famille qui avait gouverné le village, car l'intérieur, tout entouré de tapisseries et de quelques dorures, était plus cossue que le reste des maisons ou plutôt des masures du village. Le grand lit de la chambre parentale était somptueux, Kain défit ses affaires et s'y installa, enfin, éreinté mais satisfait par ce qu'il avait accompli, il se coucha et plongea ainsi dans le sommeil du juste...




À présent livré au monde étrange des rêves, Kain errait dans les lambeaux mélangés de sa mémoire ; des souvenirs qui refluaient de sa nouvelle existence et d'autres de celle désormais achevée ; des révélations que lui avaient apportées son état vampirique sur le monde. Son corps palpitait devant les visions qui se projetaient en son âme, il se tordait plus ou moins selon la charge émotionnelle endurée. Le vampire se revoyait goûter pour la première fois au sang, cette substance à nulle autre pareille, dont la séduction ultime résidait dans la mort. L'éc½urement qu'il avait ressenti devant sa première victime puis le plaisir qui l'avait submergé au moment où il s'était enfin décidé à jouir de ce pouvoir. Il se revoyait encore les filets de sang aux lèvres avec ce plaisir toujours plus intense, la soif toujours plus grande de dévorer les forces vitales de ses adversaires. Ces souvenirs le galvanisaient, il exaltait devant les scènes de massacres, ressentant au travers de l'esprit cette douce sensation de toute puissance.

Ah ! Quel bonheur ! Rien ne semblait pouvoir le gâcher et pourtant... Ce rêve délicieux avait brusquement éveillé un doute, la vision résurgente que ses plaisirs ne s'appuyaient plus maintenant que sur la souffrance des autres. À cette pensée, ses poings se crispèrent et agrippèrent les draps du lit... le rêve était terminé.

Se levant sur cette pénible impression, Kain s'étira de toute sa longueur. Il aurait préféré en devenant vampire qu'une telle pensée ne se fisse plus jamais jour pour le tourmenter, mais cette liberté de conscience avait un prix : elle n'était permise qu'avec l'apparition de la bête et il ne l'aimait pas vraiment ; elle l'abaissait, le rendant aussi sauvage qu'un animal. Alors remettant son armure, il remarqua que le jour avait commencé à s'obscurcir, il était temps à présent de poursuivre sa quête de vérités : découvrir qui était l'auteur de son meurtre et quelles en avaient été les motivations... Au dehors, les étoiles scintillaient dans le ciel, apportant une lumière pâle et rassurante à la nuit tombante. Kain sentait ses forces s'être reconstituées proportionnellement à la montée des ténèbres ; marchant vers la sortie de ce village dépeuplé, il se mit à méditer sur les derniers moments de son rêve.

Lorsque Mortanius lui avait proposé de devenir un vampire, il ne lui avait pas expliqué quelles seraient les conditions de cette résurrection. Cependant, il était vrai que Kain dans sa hâte n'avait demandé l'avis de personne. Sans doute aurait-il dû comprendre que le sang allait être à jamais sa seule nourriture terrestre et que dès lors l'habitude à dépouiller ses adversaires de leur vie deviendrait une nécessité bien vite installée sans qu'il y prenne vraiment garde. Ainsi il désillusionnait. Tous les plaisirs que son état lui délivrait, comme cette substance qui possédait à nulle autre pareille un attrait séducteur, n'étaient-ils en fait pas la contrepartie d'un voile ? Ce don était-il une malédiction ? La réponse, il espérait la trouver dans les Piliers...
Chroniques de Kain

# Posté le mercredi 09 mai 2007 07:14

Chroniques de Kain

Chroniques de Kain
IV- La passion nous transcende


Au dehors l'averse avait fait son ½uvre. Tout autour de lui, les apaisantes prairies d'herbe verte avaient fait place à un vaste bourbier mélangeant les terres et les tombes du cimetière en un parfait chaos de bosses, de flaques, d'os et de chairs putréfiées. Cette bouillie n'avait plus pour lui cet aspect rebutant comme autrefois, au contraire il s'y sentait à présent en sécurité.
Kain remarqua que l'accès au mausolée était engrillagé par un fin mur d'acier ouvragé sur lequel on pouvait discerner des églantines et des ronces entremêlées. Voyant devant lui comme au matin, le vampire dépassa la délicate protection du portail et s'avança sur le chemin de la sortie.
Arrivé à la lisière d'une forêt, ses narines humèrent le parfum pénétrant du bois dévoré par les langues de flammes. À n'en pas douter, un campement se trouvait non loin de là ; peut-être allait-il y découvrir ce que le destin avait décidé de lui accorder...

Loin des odeurs mortifères, le vampire se guidait pour le moment par son seul sens de l'odorat ; la forêt trop épaisse l'empêchait en effet d'utiliser ses autres nouveaux dons.
Toutefois cette nouvelle expérience était devenue un jeu, car Kain, toujours enflammé par son désir, s'amusait à pister ses proies en les flairant ; pareil à un chat il savait que les souris n'étaient pas si loin. Ainsi aux senteurs charbonnées s'ajoutaient maintenant les vapeurs corporelles humaines, mélange gazeux parfumé de sueur, de nourriture et... de sang !
Un sourire satisfait étira ses lèvres à l'approche du camp : Des hommes tranquillement assis en tailleur ripaillaient joyeusement autour d'un feu bien entretenu. Kain, dissimulé dans un fourré, les regardait s'empiffrer de vins et de denrées cuites par les braises. Il savait que cela lui était dorénavant impossible et les jalousait pour cette raison.
Eux s'enivraient sans soupçon devant lui, échangeant, au milieu du bruit des luths et des tambourins, des rires et des remarques sur les histoires paillardes que racontaient certains ou dévorant, à d'autres moments plus calmes, des carrés de viande détachés des carcasses des gibiers qui tournaient sur les broches.
Kain, nostalgique de son ancienne vie humaine, était torturé par des souvenirs de scènes semblables et ne rêvait que d'une chose : faire de même que ces hommes.

Soudain, alors qu'il était encore en train de les envier, un détail le sortit de sa torpeur : l'un des hommes, moins heureux que les autres, avait un bandage taché de sang sur son poignet. Kain reconnut immédiatement l'homme qu'il avait amputé.
Plus aucun doute, ces cochons, attablés en cercle et qui mangeaient plus qu'à satiété, étaient donc ses mortels agresseurs ! Il s'attisa, la situation lui était devenu insupportable, ses assassins avait acheté tout un festin pour célébrer leur victoire, et par conséquent sa mort. Mais, ce qu'ils ne savaient pas c'était que l'origine de leurs agapes, désormais vampire, allait animer à sa façon leur petite soirée...




La cime tressaillit un instant, puis dans une chute calculée s'effondra en direction du foyer des brigands. Eux toujours dans l'allégresse, n'entendirent pas les craquements annonçant l'imminence de la rencontre fatale entre le bois et les flammes...
Au même moment, la lame d'acier, parcourue par des spasmes, se libéra de l'emprise de l'écorce qu'elle avait saccagée. Celui qui tenait fermement sa garde regardait le résultat de son travail. Et il jubilait.
Trop soûls pour réagir promptement, ces ivrognes étaient restés assis et avaient suivi des yeux la chute de l'arbre dans leur camp, assistant passivement par-là même à l'écrasement d'un de leurs compagnons. Lui, grisé autant que les autres, n'avait pas réagi à temps devant les avertissements sonores et imagés de certains.
Situé derrière lui, le tronc s'était abattu d'un seul coup sur lui, cependant que les autres continuaient leurs gesticulations erratiques. À présent une grande partie de son corps était coincé sous le poids du végétal...

Il contemplait son ½uvre : Le feu avait pris de l'ampleur et commençait à ravager le campement ; maintenant debouts, une partie des brigands essayaient de dégager leur compagnon, trop aviné pour se libérer tout seul, tandis que les autres qui tenaient plus à leurs affaires tentaient d'éteindre le feu.
La dispute éclata quand ceux qui préféraient protéger leur patrimoine s'aperçurent qu'en bougeant le tronc, les autres répandaient le feu autour d'eux. Les cris persistants démontrèrent l'absence d'un chef et les divisèrent sur la priorité de la situation : sauver leurs biens ou sauver leur compagnon.
Bientôt, plus aucun homme ne pensa à monter la garde ; déjà biens défaits par la situation, la prévision d'une attaque leur échappait complètement.

Profitant de cette négligence, Kain grimpa sur le tronc et, arrivé à hauteur de l'homme encastré, leur donna la solution pour mettre fin à leurs dissensions : En lâchant habilement son épée, il l'avait laissée se planter dans le sol, après qu'elle ait sur son chemin décapité le responsable de ces litiges, sous les regards pétrifiés des autres.
À la suite de cette décision tranchante, les brigands ne firent plus de bruits, le spectacle du sang jaillissant du cou pour se répandre sur l'humus avait réduit leur dispute au silence.
La scène les fixa un moment sur cette action...





Le vampire narquois et empli d'une colère sourde, les regardait.
Chacun essayait de voir, de deviner la situation, en cherchant désespérément la réponse dans le visage de son voisin.
Pourtant dans le regard de l'autre il n'y trouvait nulle lumière de lucidité, seulement son propre reflet ébahi et déformé par la forme bombée des pupilles sirupeuses...

Étonnamment, les effets visibles de l'alcool s'étaient pratiquement estompés sous l'influence de la peur ; car ils tremblaient de peur malgré leur nombre. Cette désorganisation avait joué contre eux et les avaient livrés sans défense.
Aussi ce retour au calme, où seules se percevaient les palpitations des flammes, les laissait se perdre dans des divagations d'une vaste attaque préparée par un groupe mieux organisé qu'eux...
À dire vrai, ils n'attendaient plus que leur fin sous les épées d'ennemis plus nombreux et plus puissants.

Kain exaltait, c'était à son tour de provoquer l'effroi parmi ces hommes après ce qu'ils lui avaient fait subir. Aussi il prenait son temps et savourait chaque seconde du traumatisme qu'il avait provoqué.
Puis n'y tenant plus, l'un des hommes s'exclama dans un élan d'audace « Mais qui nous attaque ?!! » D'abord Kain ne répondit pas, toujours le haut du corps dissimulé dans la pénombre il continuait à les observer pour préparer son attaque et prolonger ce moment de pure allégresse.
Le silence, après ce cri d'incompréhension, glaça encore plus la troupe en cohue, néanmoins cette minute supplémentaire leur donna le temps nécessaire pour ramasser leurs armes...

Définitivement assuré de la manière dont il allait un par un les abattre puis les dessécher, il leur répondit doucement : « Celui qui vient reprendre la vie que vous m'avez volée... »
Ainsi ils déduisirent de ses paroles, que ce n'était pas un autre groupe de pillards mais bien un seul homme qui les avait attaqués ! Le groupe reprit confiance et la pensée d'une vengeance rapidement exécutée les traversa tous.

Comment un seul homme avait osé les attaquer ? Comment pouvait-il penser qu'il gagnerait ? Ce fou allait payer son acte insensé ! Leurs membres ne tremblaient plus et ils s'avancèrent vers lui, ricanant du massacre qu'ils projetaient de réaliser.
Kain sauta à ce moment-là du tronc et, se posant à leur hauteur, dévoila son visage à la lumière du brasier.
Alors, l'un des hommes le reconnut et amorça un geste de recul, emmenant des bras les autres dans son retrait...





Il ne comprenait pas ; les paroles que cet homme avaient prononcées étaient donc sans équivoque : ce noble qu'ils avaient facilement assassiné quelques jours auparavant était revenu d'entre les morts.
Fascinant ! L'homme ne put s'empêcher de s'étonner tout haut, lâchant dans un ton d'incrédulité : « Quel sortilège est-ce donc..? »

Ne voulant plus proroger leur doute, Kain, ravi de lui répondre lui fit cadeau d'un large sourire, permettant sans ambiguïté de remarquer la longueur anormale de ses canines. Le groupe fut de nouveau parcouru de frissons.
Bientôt l'effroi céda la place à la terreur : un homme était facilement submergé par le nombre, mais un vampire... défiait ces lois naturelles établies.
Aussi les brigands étaient-ils donc indécis sur la conduite à tenir face à l'intrus : fallait-il attendre qu'il les attaque, au risque de perdre un nouvel homme dans la bataille, ou lui foncer dessus pour le réexpédier en Enfer, sans grande chance non-plus d'un succès total ?

Les bandits en étaient encore à s'interroger lorsque d'un seul coup, sans doute dans un élan de courage ou peut-être fut-ce le résultat d'un reste de griserie que, l'un des hommes chargea en direction de Kain, sabre au clair, lui lançant au moment de son assaut : « Défend-toi rustre ! Nous t'avons déjà battu et nous te battrons encore !! »
Le vampire qui n'avait toujours pas repris son arme, l'esquiva d'un pas de côté. Le combat contre ces hommes pouvait enfin commencer. Kain avait évité la mort rien que pour ce moment, à présent il n'avait plus qu'une chose à l'esprit : tuer !

Se retournant rapidement, il empoigna le manche de son épée et avec une célérité divine tailla un passage dans l'épaule du téméraire agresseur. L'homme s'écroula alors à terre poussant un hurlement de douleur ; sa vie s'écoulant à mesure que se répandait son sang sur le sol...
Ses compagnons redevinrent un instant silencieux devant le spectacle de leur complice baignant dans son propre sang. Puis mués par la rage d'avoir vu un autre des leurs être terrassé, ils se ruèrent à leur tour sur Kain, sans réfléchir davantage.

Le vampire se moquait bien de leur nombre, il était ailleurs ou le paraissait, et il dansait autour d'eux dans ce ballet de sabres et d'épée qui s'entrelaçaient au rythme des percussions métalliques, sa lame rageusement courtisée par toutes les autres.
Ses capacités déjà surhumaines s'étaient décuplées sous l'influence de la douce plénitude de qui se sait dans son bon droit, et il parait tous leurs coups, ripostant d'intelligentes contre-attaques qui ne forçaient pas à de dangereuses issues.

Kain excellait dans sa maîtrise, combattant une dizaine d'hommes à la fois sans en ressentir la moindre difficulté. Les multiples duels s'accélérèrent et le groupe peina de plus en plus à subir cette procession ininterrompue d'impacts, se défendant plus qu'il n'attaquait.
À vrai dire, même réunis, ils ne pouvaient rivaliser contre cette virtuosité martiale et ils commençaient à comprendre que chaque nouvelle impulsion du valseur hâtait un peu plus leurs morts.
Mais il était trop tard, les hommes avaient résisté jusqu'à leurs dernières forces, maintenant le piège s'était refermé sur eux et ils ne pouvaient plus s'enfuir. Le groupe s'étiola devant la fatigue, permettant alors à l'acier combattu une rencontre avec les chairs de leurs corps...




À bout de souffle l'homme, que Kain avait mutilé au poignet, feula de rage et dans une dernière tentative se jeta sur lui pour l'empaler par derrière.
Combattant de face un autre bandit, le vampire sentit ce déplacement d'air dans son dos et se baissa juste au moment où la pointe allait le transpercer. Entraîné dans son élan, le manchot rejoignit son compagnon qui n'avait pas eu le réflexe de baisser sa garde...

Il crachait du sang de sa bouche, fixant dans ses ultimes instants de vie son ventre empalé dans l'arme du voisin. L'autre retira son arme, puis choqué détourna son regard de cette mort absurde, avant de succomber à son tour aux coups du revenant.
Sur sa lancée, Kain attaqua derechef les autres hommes près de lui, leurs corps trop rompus pour répondre à cette nouvelle sollicitation ne leur accordèrent pas la force nécessaire pour se défendre, et il les acheva lentement employant une botte qu'il imaginait douloureuse...
Paralysés par le découragement, l'épuisement et le choc de la scène, les survivants ne firent même pas un geste pour résister. Le valseur fonça sur eux, pour les réduire un à un inlassablement.




Enfin, lorsque l'avant-dernier homme encore debout s'effondra lui aussi, la gorge tranchée net, le vampire éclata d'un rire purement sadique et avec une rapidité incroyable, se saisit de son dernier assassin. Férocement, il planta ses crocs acérés dans le cou de sa victime et en arracha la jugulaire par sa mâchoire d'acier.
L'homme poussa un cri, mais il fut vite étouffé par le flot de sang noyant sa gorge. Kain n'y fit même pas attention et, resserrant son étreinte autour de sa proie, l'empêcha de faire le moindre mouvement pour se dégager tandis qu'il aspirait avidement le liquide chaud et doux...
Après s'être laissé aller à l'euphorie maintenant habituelle, due à cet échange, le vampire lâcha le cadavre vidé de sa vie et soupira d'aise.

Il n'y a plus grande délivrance que celle de la vengeance, ses assassins étant morts, sa quête était désormais achevée.

# Posté le mercredi 09 mai 2007 07:10

Chroniques de Kain

Chroniques de Kain
III- Le Plaisir plus que tout autre chose


Kain poussa la porte massive qui fermait le mausolée. Elle dévoila un nouveau monde, un monde profondément riche, empli d'une multitude de nouveautés et de sensations.

L'orage battait son plein dans la fraîcheur de la nuit. Les éclairs illuminaient le ciel tandis que le ballet du vent et des gouttes charmaient la vue du vampire resté debout sous le porche.
Venant du ciel, Kain put apprécier la lumière de la Lune. Elle était pleine et brillait entourée des nuages noirs qui se déversaient sur les terres alentours.

Le jeune vampire décida de fermer les yeux pour s'isoler et se concentrer sur ses autres sens. Tout était amplifié, jamais il n'avait senti autant de sensations en un même instant.
Elles lui parvenaient si facilement, elles pénétraient sans effort son être tout entier pour lui "montrer" le monde tel qu'il était : peuplé d'une multitude de sons et d'odeurs, s'entremêlant et se dissociant invariablement au gré des circonstances.
Kain percevait ainsi de complexes mélanges associant les essences des arbres et les murmures de la faune. Il comprit que le passage à l'état vampirique avait accru ses sens, et ceci serait une aide non négligeable pour accomplir sa quête...

Rouvrant les yeux, il balaya du regard le cimetière dans lequel il se trouvait. La forêt entourait le mausolée détrempé par l'averse.
Kain connaissait bien les forêts de Nosgoth, interminables et se ressemblant toutes ; s'y aventurer sans les connaître revenait à prendre le risque de se perde dans leur immensité, mieux valait donc emprunter les routes.

Devant lui, la brume se dissipait par moment, laissant percevoir, par le jeu des vapeurs et des ombres, un portail de fer et quelques pierres tombales derrière ses barreaux. « La sortie doit se trouver derrière ces grilles » se dit Kain quittant son abri.
Le vampire s'engagea en direction du portail, ignorant le danger qui le menaçait. La pluie était froide et diluvienne mais sous son armure il s'en croyait protégé.
La seule chose qu'il regretta sur le moment, fut de ne pas avoir de casque pour se couvrir la tête. Ses longs cheveux désormais blancs allaient bientôt être totalement trempés...




Marchant avec insouciance sous la pluie, Kain commença à ressentir une sorte de démangeaison, sa peau le grattait de plus en plus et chaque goutte d'eau accroissait son malaise.
Puis vinrent les brûlures : Le vampire sentit tout son cuir chevelu se faire attaquer par l'humidité. Son visage se décomposait de plus en plus, rongé, percé par les gouttes qui ruisselaient sur sa peau. La douleur atroce s'accentua.
Il se mit à courir vers le portail, les flaques innombrables lui faisaient chèrement payer chaque pas mal assuré, l'aspergeant de gouttelettes mortelles en plus des ondées qu'il recevait déjà.
La fatigue et la bête commençaient à ressurgir. Kain passa le portail, enjambant les herbes folles qui bordaient les tombes autour de lui, à la recherche d'un refuge.

Ce n'était pas le moment de s'attarder sur quelques pierres fissurées. Il avait pénétré dans un enclos, le chemin tournait à gauche pour aboutir à un autre mausolée.
« Encore quelques pas et je serai sauvé ! » Au pire le vampire pouvait utiliser son C½ur des ténèbres mais mieux valait pour l'instant le garder pour une autre occasion. Et, utiliser la carte de téléportation serait une erreur tactique, sachant qu'il faudrait parcourir à nouveau le chemin sous l'averse.

Soudain, un cri arrêta la course du vampire : « Hey là ! Qui es-tu ? » Il se retourna, c'était un fossoyeur qui travaillait encore à cette heure et sous la pluie, Kain ne l'avait pas remarqué dans son empressement.

« Mais quelle bonne surprise... On aurait tort de ne pas louer le hasard. » Avant que l'homme n'ait réagi, la conscience du vampire s'était libérée et, avec une terrifiante rapidité, avait raccourci la vie du malheureux pour allonger la sienne.
Le sang renversait le processus : Une grande partie de ses brûlures avait maintenant disparu et, même s'il ne se sentait pas au mieux de sa forme, Kain n'était plus gouverné par ses instincts meurtriers. Il repartit en direction du mausolée, imperturbable, tandis que la pluie renouvelait son attaque.




Kain fut soulagé lorsqu'il arriva sous le porche, il l'avait échappé belle ! Et puis, il ne pouvait pas laisser un simple orage le terrasser alors qu'il revenait à peine du monde des morts !
Désormais, il lui faudrait aussi se méfier de tout élément constitué d'eau, tout du moins si son contact se révélait tout aussi acide que la pluie qui se déversait du ciel.

Être vampire procurait donc d'énormes avantages mais présentait toutefois de nombreux inconvénients et celui-là était de taille, l'eau étant présente pratiquement partout à Nosgoth.
Enfin, se passer de l'eau revenait à se priver non-seulement d'une boisson rafraîchissante mais revenait aussi à renoncer à ses vertus naturelles d'assainissement et aux plaisirs qu'elle procurait...

À l'extérieur l'orage grondait encore, imposant ses conditions au vampire, s'il y avait dans les environs une sortie à ce cimetière, elle était pour l'instant trop périlleuse. Kain s'enfonça donc dans les couloirs ténébreux de cet autre mausolée, en espérant y trouver autre chose que de l'ennui...





Ses vêtements avaient pris l'eau et, tout comme sur ses long cheveux, quelques gouttes s'échappaient parfois du tissu, ruisselant alors sur sa peau telles de longues rivières chargées d'acide.
Elles le démangeaient particulièrement et accentuaient sa mauvaise humeur car il n'y avait rien ici pour s'arranger.

En marchant, Kain vit qu'à sa droite le couloir menait vers une salle possédant le même mécanisme à la forme de stèle et résolut de s'y sécher : Prenant ses cheveux à leurs bases, Kain se baissa et les pressa plusieurs fois sur toute leur longueur, puis satisfait de sa méthode, il retira le haut de son armure ainsi que sa chemise et son pardessus, tous deux trempés, qu'il essora avec vigueur, tout en conservant ses gants.

À la fin de ce séchage rudimentaire, le vampire remit ses affaires et arpenta le couloir serpenté ; derrière lui, l'eau qui avait été évacuée constituait une petite flaque d'eau sur le sol pierreux de la salle...




Descendant les marches du bout du couloir, Kain entendit la ronde aisément reconnaissable d'un gardien trépassé. « La mort est préférable à ce genre de sorts... Les nécromanciens sont des êtres redoutables » se dit-il, observant cette carcasse décharnée et remplie de perfides substances s'animer devant ses yeux.
En s'approchant de lui, Kain vit que le squelette marchait avec le même regard vide que le premier qu'il avait abattu.

Le vampire n'hésita pas, d'un coup d'épée bien ajusté il le décapita, les liquides alors contenus dans les os s'échappèrent pour former un agencement répugnant d'ossements et de poisons au sol.
Mais bien vite, cet immondice de pourritures se désagrégea encore plus, puis s'écoula dans une des fosses, garnies de piques, de l'endroit.

Ce mausolée en était truffé, les pointes d'acier scintillaient au loin, elles étaient éclairées par les nombreux brasiers bâtis en hauteur des murs.
Tandis que Kain avançait, un second squelette alla rejoindre son compagnon dans la fosse, le fracas du coup d'épée réducteur avait attiré l'attention d'un fossoyeur, une bonne occasion pour le vampire de se restaurer complètement.

En effet, maintenant, qu'il maîtrisait ses nouveaux pouvoirs, c'était pour lui un jeu d'enfant que de faire des simples humains son repas, et puis ces fossoyeurs pouvaient constituer de gênants témoins, mieux valait alors tous les éliminer.
Kain réalisait ainsi deux objectifs, se nourrir et se débarrasser des gêneurs potentiels ; somme toute, ce n'était pas dans les habitudes humaines de travailler si tard, peut-être fallait-il y voir une intervention quelconque de Mortanius.
Ce vieux nécromancien avait décidément tout prévu pour qu'il ressuscite dans les meilleures conditions possibles et qu'il ait toutes les cartes dans son jeu afin d'assouvir sa vengeance...

Le vampire se précipita sur le malheureux et l'acheva d'un coup d'épée sans que celui-ci n'ai eu le temps de riposter, puis l'attrapant au vol, il plongea ses canines dans sa jugulaire et aspira tout le sang que le corps pouvait contenir. Après cela, Kain, bien aise, épargna même une femme enchaînée qui se trouvait non loin delà, en vérité le vampire prévoyait son retour en ces lieux, et cette femme constituait un excellent futur repas...




Le couloir donnait à présent sur une salle carrée présentant en son milieux deux fosses séparées entre-elles par une traverse. Autour d'elles, deux squelettes faisaient leurs rondes, les bras en l'air, risquant de se désagréger au moindre contact.
Leurs cheminements les firent presque s'accoler à l'entrée de la salle. Kain, s'épargnant alors une besogne inutile, les décapita sur place d'un seul coup d'épée.

La vue dégagée, il remarqua alors qu'un fossoyeur réparait un mur ; obéissant à sa logique pragmatique, le vampire s'approcha en douceur de sa victime et d'un grand geste diagonal lui planta son épée dans le cou, tarissant à la source les cris éventuels.
Il envoya ensuite le corps rejoindre les piques d'une des fosses, apercevant par-là même deux artéfacts.

Apparemment, les humains normaux ne pouvaient pas les voir, car situés pourtant dans les coins de la salle, le fossoyeur ne les avait pas remarqués.
Les discernant, le vampire fut heureux de s'accaparer une de ces fameuses fioles allongeant la vie des vampires et un symbole de pouvoir développant leurs capacités magiques.
Ses dons accrus, il ressentit à nouveau le besoin de se rassasier et reprit donc sa marche ; le couloir ne tarda pas à s'élargir sur une nouvelle salle : un futur caveau en construction où creusaient deux autres fossoyeurs...

Lorsqu'ils le virent, les deux hommes cessèrent immédiatement leur labeur et s'armèrent de leurs pelles pour le combattre. « Ah, enfin un peu d'exercice », cria Kain le sourire aux lèvres, « par qui vais-je commencer ? »





La salle était garnie de piques, il y en avait dans une petite fosse au centre et tout autour des murs ; à croire qu'ici on s'assurait bien que les morts jouissent effectivement du repos éternel...

Les fossoyeurs attaquèrent ensemble, faisant tournoyer leurs pelles à hauteur du cou, malgré cela le vampire ne se sentit pas en danger, au contraire ses yeux rayonnants effrayaient les deux mortels qui tremblaient chacun de leur côté. L'un des hommes attaqua tout de même et fut rapidement aidé par son collègue.
Le vampire s'amusait, il parait tous leurs coups avec une facilité déconcertante, entre ses mains l'épée ne semblait plus avoir de poids, elle fendait l'air avec une vitesse phénoménale.
Kain riait d'un ton sadique tandis que ses adversaires s'épuisaient peu à peu, c'était maintenant à son tour d'imposer la cadence. « Ah ah ahahahah. Alors on fatigue..? Allez que diable !! »

Il se rua sur l'un des hommes, celui-ci tenta bien de se défendre mais sa misérable pelle fut brisée par l'acier tranchant de la lame.
Sans défense, sa vie ne tenait plus qu'au courage de son collègue. L'autre effectua alors une dernière attaque malheureuse et rata la tête du vampire qui le bouscula ; l'inertie du mouvement le fit s'abattre sur la fosse épineuse où il s'empala.
« Dommage, un repas de moins... Mais toi tu ne m'échapperas pas ! » dit Kain au fossoyeur, qui cherchait désespérément à fuir : L'homme parcouru de tremblements tentait d'ouvrir la porte qui fermait cette partie du couloir, mais l'émotion l'empêchait de trouver la bonne clé.
Le vampire avança doucement, sûr de lui. « Alors tu trouves..? » lui dit-il.

Kain patienta un peu, laissant à l'humain le soin de lui ouvrir cette porte. Lorsque cela fut fait, il lança son épée sur le fossoyeur, la lame fit alors quelques cercles dans l'air puis se planta dans le dos découpant les chairs et les vertèbres de l'homme.
Kain retira ensuite l'épée du corps de sa victime et enfonça ses canines dans les blessures qui suintaient le sang.
Le sang permettait tout, il couvrait les blessures, redonnait de la vigueur et offrait un doux sentiment de bien être.

Relâchant ce corps à présent vide, Kain s'aperçut qu'une enchaînée le regardait. Terrorisée, elle était tout aussi fascinée par la scène qu'elle venait de voir, la manière dont Kain avait massacré ceux qui la détenaient enchaînée la réjouissait.
« Viens vampire, délivre-moi de mon sort, je t'ai vu massacrer mes geôliers, je peux mourir heureuse après ça. » Kain fut surpris par cette phrase, il s'attendait plutôt à entendre des lamentations pour être épargné, mais il n'allait pas la décevoir...





Après ces délicieux repas, le vampire pénétra dans une nouvelle partie du Mausolée.
Les brasiers éclairaient des murs noircis par les fumées et ravagés par l'humidité qui s'écoulait à travers eux, sans nul doute l'orage au dehors devait en accroître la proportion.

« Ce couloir n'en finira donc jamais ?? » se lamentait Kain. Jusqu'à présent, il n'avait fait aucune découverte intéressante, si ce n'était sa future source de nourriture que constituaient les prisonniers enchaînés aux murs ; pourtant, il devait se résoudre à patienter, l'effet de la pluie sur sa peau demeurait encore douloureux et vivace dans son esprit...

Kain marcha donc et ne tarda pas à faire face à une répugnante vision devenue maintenant familière. Elle était "protégée" par une fosse garnie de piques couvrant toute la largeur du passage et bien trop longue pour pouvoir la franchir sans dommage.

Kain remarqua sur l'un des murs un dispositif semblable aux précédents déjà rencontrés et tout illuminé de cette étrange lumière verte. En l'actionnant une partie de la fosse se combla et forma alors un passage.
Le franchissant, le vampire s'empressa de réduire en bouillie le guetteur inconscient. Puis il continua sa marche, et, après avoir résolu une autre énigme, tomba sur un jeu plus complexe :
Il consistait à découvrir, parmi trois mécanismes à actionner, la bonne combinaison qui dégagerait un passage au travers des piques d'une autre fosse, bien plus large et longue que la précédente ; en effet de l'autre côté se trouvait le sang chaud et sûrement goûteux d'un fossoyeur.

Kain actionna les mécanismes sous le regard médusé de son futur repas, celui-ci ne comprenait pas encore qu'il vivait là ses derniers instants et restait ainsi pathétique, à observer ce vampire chercher le moyen d'arriver jusqu'à lui. Peu après, la fosse se combla entièrement et l'imbécile s'arma de sa pelle.
Le combat qui s'en suivit fut rapide : Voyant que l'intrus s'approchait de sa position, le téméraire fossoyeur chargea en direction du vampire la pelle en l'air. Son attaque était si grotesque que Kain en l'esquivant eut une moue amusée.
Toutefois la faim toujours omniprésente chez le vampire arrêta la plaisanterie. En deux vifs coups d'épée l'homme s'était vu transpercer de part en part et sa gorge déchiquetée, sous les assauts répétés des crocs d'un prédateur du genre humain...

Le repas fut bref, Kain vite rassasié ne vida qu'à moitié le corps de sa proie, l'autre moitié n'était nullement abandonnée, elle pouvait constituer un excellent futur encas, tant que le retour du vampire en ces lieux n'excédait pas le stade de la putréfaction.

Kain découvrit sur le cadavre une clé pouvant vraisemblablement ouvrir la porte devant lui. Il était ravi, de l'autre côté le couloir se terminait enfin : Au coté de deux prisonniers, une tombe et des décorations murales marquaient la prochaine entrée dans une vaste chambre plus intéressante.




La chambre se présentait tel un cube auquel on aurait ajouté deux annexes rectangulaires, elle recelait comme l'avait espéré le vampire quelques richesses.

Au centre, deux étranges marques incrustées de sang séché étaient en partie cachées sous d'énormes rochers.
Ces apparentes runes semblaient commander l'accès d'une chambre secrète, car l'un des murs comportait une porte impossible à ouvrir.
Les deux rochers demeuraient pour le moment bien trop lourds pour le jeune vampire, Kain abandonna donc et, remettant à plus tard cette découverte, s'attacha à explorer le reste de l'endroit.

Dans la partie droite, la plus large, s'agençaient des coffres et d'autres surprises...
Comme on pouvait s'en douter, les coffres avait été fermés et protégés par des cadenas, mais en définitive ceci n'avait guère d'importance dès lors qu'ils pouvaient être brisés.
Et sous l'ardeur des coups d'épée, les serrures cédèrent facilement, libérant alors les contenus si ardemment désiré.

Le vampire s'en alla ensuite inspecter les tombes du fond, car curieusement leurs couvercles faits de marbre blanc possédaient une représentation de la mort elle-même, peut-être était-ce un signe, une marque de son mécène.
En les écartant, Kain eut la surprise d'y trouver non pas des corps mais des objets en leur place.

Au total, il avait déniché dans cette partie de la salle une rune de magie, de quoi accroître son pouvoir, deux c½urs des ténèbres ainsi qu'une nouveauté : une arme terriblement efficace pour châtier ceux qui avait l'impudence de le défier...
Une flagelle ! Un mécanisme produisant des éclairs d'énergie tournoyants et, qui bien envoyé, déchiquetait les chairs et les os des malheureux visés.

Le côté gauche n'était en fait qu'un maigre couloir mal éclairé par deux ou trois torches à la résine trop consumée ; il permettait d'accéder à une autre partie du mausolée.
Kain comblé par ses trouvailles s'y engagea donc, gardant en tête l'existence de cette salle secrète, qui à coup sûr, devait être riche d'une quelconque manière.



***
Il se trouvait à présent à la surface et comble du bonheur, le couloir qu'il arpentait possédait des fenêtres qui attestaient de la fin de l'orage, de quoi rallumer cette flamme de la vengeance passablement étouffée depuis l'averse.

De nouveau Kain remarqua la présence d'un de ces trop lourds rochers, celui-ci en dessous d'une torche, peut-être cachait-il lui aussi un mécanisme ?
Aucune importance, le sentiment gagnait en puissance, consumant progressivement l'être qui le portait, tandis qu'à chaque nouveau pas se dissipaient les autres un peu plus...

De l'autre côté du couloir, le vampire croisa une fois encore l'une de ces énigmatiques stèles couvertes de runes mais n'y prêta pas attention, car la flamme l'avait dominé tout entier et illuminait à présent ses yeux d'un désir de feu, l'attirant et le guidant irrésistiblement vers la sortie.

En s'ouvrant les portes lâchèrent un couinement plaintif, peut-être n'aimaient-elles pas qu'un mort puisse refranchir leur guet ?

Qu'importe, Kain se réjouissait sa quête de vengeance allait enfin commencer ! La fin et la faiblesse ne peuvent rien contre l'appel de la vengeance. Il retrouverait ses assassins et les enverrait là d'où il venait.

# Posté le mercredi 09 mai 2007 07:05

Chroniques de Kain

Chroniques de Kain
II- Chemin Tracé


-- Non ! Nooooooon !!! Tant de sang répandu sur ce corps -- Mais, est-ce possible ? C'est moi !! Que m'est-il arrivé ? -- Je suis... non, ce n'est pas possible ! -- Où vais-je ? Quelle étrange réalité, ces couleurs et ces lumières m'attirent, tout autour de moi ce n'est que brillance et beauté, le chant de ces êtres m'emplit d'une joie intérieure -- Vivant, je suis vivant ! Comment est-ce possible ? Chaud, il fait très chaud, quel étrange cercle de symboles. Qui est là ? -- Oui, je me vengerai -- Hein ! Mais qu'est-ce que ? Ahhhhh !!! -- Kain, réveille-toi, Kain... Kain ! --




Partagé entre la réalité et le monde des rêves, l'esprit de Kain cherchait dans cette confusion l'origine de ces songes, ce ballet d'images et d'hallucinations, qui rendait floue toute correspondance entre les évènements. Il semblait l'envahir, le noyant dans un flux de visions entremêlées, certaines d'une monstruosité insoutenable, d'autres si radieuses que les mots ne peuvent suffire pour traduire leur perfection inhumaine.
De ce défilement ininterrompu de lumières aveuglantes et d'obscurité, de sensations artificielles et de souvenirs bien réels, un nouvel être émergea, non pas par volonté mais par demande, non pas par contrôle mais par habitude. En lui se distillait le désir violent de la mort : de proie il était devenu le prédateur, son corps réclamait la pitance. L'esprit et la chair s'accordèrent et mué par une énergie immatérielle, il prit conscience de son existence.

Bougeant ses membres, Kain ressentit l'impassible étreinte de sa prison de bois, cette gêne accentua son éveil. Il ouvrit ses paupières, révélant le maigre spectacle qui s'offrait à lui : un noir absolu, ne laissant deviner aucune échappée vers l'extérieur. Palpant cet inconnu qui entourait ses yeux, il entreprit de coulisser ce qui finalement s'apparentait à une surface plutôt rigide ; mais solidement fixée, il ne put la déplacer.

De rage plus que de peur, Kain se mit alors à frapper la pièce de bois. Ses poings eurent bientôt raison des clous qui le retenaient. La plaque retomba avec échos, dans la poussière, dévoilant le plafond pierreux de la salle où il avait été entreposé.
La bête sortit aussitôt de sa cage végétale, se levant pour examiner l'abri qui l'avait contenu. Les pupilles habituées à l'obscurité purent alors discerner sans mal l'espace faiblement éclairé qui se découvrait : Tout autour de lui, la pierre et la mousse s'arrangeaient en de multiples mosaïques ruisselantes de perles d'eau, qui scintillaient grâce aux étranges teintes des lumières diffuses, projetées par les murs du mausolée.

L'odeur, en effet, ne trompait pas, elle emplissait ses narines d'émanations sépulcrales, mélange de pourritures charnelles et de terres humidifiées ; ce faisant, un léger souffle caressa sa joue, il provenait du dessous de la porte et ne faisait qu'exciter son appétit.
Kain s'en approcha et constata que la porte était verrouillée, malheureusement la force brute d'un vampire ne suffirait pas à l'ouvrir, il fallait trouver un autre moyen.

Regardant vers le cercueil, il aperçût l'épée qui l'avait transpercé, elle était là, cachée en partie sous le couvercle défoncé bordant la fosse, lui renvoyant des reflets métalliques et l'invitant à la prendre.
En la saisissant, les souvenirs de sa transformation jaillirent, il se revit acceptant l'épée et devenir un vampire. Pendant un instant une sorte d'hésitation le prit, mais observant son armure, il comprit que lui aussi avait bel et bien changé, dans sa tête défilaient les scènes de son assassinat, elles lui rappelaient pourquoi il avait décidé de ressusciter et pourquoi il se trouvait là...

La rage mêlée à une forme de mélancolie le prenant, il formula une dernière complainte : « Je me réveille à la douleur d'une nouvelle existence, dans les entrailles humides des ténèbres et de la décrépitude. »
Kain avait désiré revivre pour se venger et à présent il était prêt. Brusquement un symbole s'illumina dans un coin, Kain s'en approcha, et appuyant dessus, déclencha l'ouverture de la porte.
Passant le seuil, il regarda une dernière fois, derrière-lui, la fosse qui avait été destinée à accueillir son improbable bagage mortuaire...





Ayant passé le seuil, Kain remarqua qu'au centre de la nouvelle pièce était dessinée une esquisse de lui.
« Étrange », dit-il, « ma propre représentation sur le sol et cette surprenante lueur bleutée qui se diffuse à partir d'elle... »

Kain était hypnotisé par la lueur, s'en approchant, il marcha machinalement sur la dalle colorée. C'est alors que, lévitant dans un éblouissant faisceau de lumières, apparut un artéfact magique.
L'envie guidant sa main, Kain toucha l'objet, déclenchant ainsi l'arrêt du faisceau. Dans sa paume, il ressentit toute la puissance qui se dégageait de l'objet.

Il s'agissait d'une carte de sort, carte contenant sa propre magie et pouvant être utilisée par son possesseur dès qu'il le désirait.
L'examinant de plus près, Kain s'aperçut que l'une des faces possédait la même représentation que sur le sol, à croire que l'objet lui était spécifiquement destiné.
Sur l'autre face était inscrit un étrange symbole, « sûrement une rune oubliée » se dit-il.

Il fallait maintenant savoir à quoi pouvait bien servir cette carte et la seule façon de le savoir était de la faire fonctionner, le seul problème résidait en ce sens : étant chevalier, il n'avait jamais appris la magie.
Enfin, à présent il ressentait les auras enchantées de la Nature. « Peut-être qu'en me concentrant sur la carte, j'arriverais à m'en servir » se dit-il.

Kain n'eut pas à se concentrer longtemps, être vampire procurait des dons particulièrement puissants ; malgré tout, il fut déconcerté par la facilité avec laquelle il activa la carte.
Après plusieurs activations, il comprît que ce sort provoquait une téléportation ramenant son possesseur sur l'image au sol. Pour l'instant la carte n'avait pas d'utilité particulière, mais elle pourrait en révéler par la suite...





Pris par ses essais Kain n'avait pas prêté attention à l'ouverture simultanée d'une porte lorsqu'il avait reçu la carte de sort. Elle débouchait sur un escalier menant à un étage supérieur du mausolée.
Commençant à gravir les nombreuses marches, Kain distingua le bruit strident caractérisant le choc des pelles raclant les sols rocailleux ; il y avait un homme là-haut.

Kain se rappela ce qui l'avait réveillé : la faim plus que tout autre chose. Marche après marche, l'excitation décuplait ses sens, l'éloignant du commun des mortels.
La bête avait repris le dessus, percevant de mieux en mieux les gouttes de sueur qui retombaient avec rythme sur la pierre dans un écho régulier ; le choc thermique les faisait s'évaporer dans l'atmosphère confinée de la salle.
Elle imaginait leur parcours antérieur, rendant la proie plus appétissante : D'abord libérées par les pores de la peau, les gouttes ruisselaient ensuite sur les manches, traversant le tissu et le rendant humide, se chargeant des parfums corporels de l'homme s'adonnant au travail.
L'odeur qui se dégageait, lorsqu'il s'essuyait le front d'un revers de manche, l'excitait de plus belle ; elle frissonnait de plaisir tandis que sa respiration, s'intensifiant, laissait son odorat profiter des parfums charnels.

La dernière marche avait été gravie, elle toisait à présent sa proie, concentrée sur son travail, ses yeux réagissant au moindre mouvement. Kain était tout entier à sa prédation. Ses pas légers se rapprochaient maintenant de plus en plus de l'homme.
Les torches l'éclairaient, c'était un fossoyeur assez vieux, caractéristique de sa profession, vêtu d'un habit noir de lin avec le teint livide des hommes de l'obscurité, mais qui gardait assez de force pour supporter la peine de son métier ; s'arrêtant pour prendre une pose, l'homme se retourna, surprenant Kain dans son approche silencieuse : « Mais c'est pas possible ! Ch't'ai vu mort ! C'est moi qui t'ai enterré. Comment tu peux êt'e debout d'vant moi ? »

La bête esquissa un sourire, il n'y aurait pas de réponse à cette question. L'arme à la main, elle attaqua. Le manche de bois bloqua le premier coup de justesse, l'homme avait réagit par réflexe et n'avait pas encore plongé son regard dans celui de la bête humaine.

L'instant d'après, les yeux humains croisèrent ceux rougeoyants de la bête. L'homme fut paralysé par cette vision et oublia le combat, toute son attention se portant sur ces effrayants yeux lumineux.
Profitant de cette faiblesse, Kain, ivre de folie, enchaîna ; et, trois nouveaux coups s'abattirent sur son corps, trois ouvertures béantes d'où son sang s'écoulait rapidement, lui arrachant les cris de douleurs des désespérés.
Mortellement blessé, l'homme s'écroula sur le sol, s'accrochant à sa vie. « Je ne veux pas mourir. » L'homme rampait désespérément en direction de la porte.

Sortant une clé d'une de ses poches, il tendit son bras comme pour simuler son ouverture.
La scène amusait la Bête, elle s'approcha de l'homme transi de peur et de son pied s'appuya sur lui pour le bloquer, puis elle le libéra et recommença plusieurs fois. Le jeu prit fin, quand l'homme, n'en pouvant plus, arrêta de résister.

Kain, eu un moment d'hésitation devant ce flot de sang qui s'écoulait vivement des blessures ; cette appréhension devant une nouvelle nourriture était bien naturelle mais la faim le tenaillait, alors n'y tenant plus, il se jeta sur le mourrant, plantant ses crocs dans l'une des blessures...





À mesure qu'il buvait avidement le liquide vital, il sentit sa première victime s'alanguir. Se débattant avec ce qui lui restait de force, l'homme eut de moins en moins de réaction jusqu'au moment où ses forces l'abandonnèrent...
Kain relâcha ensuite son étreinte du corps sans vie du vieil homme et essuya du revers de sa manche un mince filet de sang qui coulait de ses lèvres : « Quel délice... » Jamais, dans sa courte existence humaine, il n'avait goûté pareil calice. Et, cette douce chaleur qui se répandait dans ses veines glacées pour lui apporter une vie nouvelle, c'était presque divin, magique.
Il se sentit plus fort qu'il ne l'avait jamais été, un sentiment de bien être l'envahissait et la bête qui avait momentanément dominé ses pulsions avait maintenant disparu ; Kain pensa : « Sûrement réapparaîtra-t-elle si d'aventure la faiblesse de mon état premier se répète... telle une sorte d'ultime conscience, gardienne vigilante et brutale veillant à ma vie mais me rendant incontrôlable... »

Tout en réfléchissant sur cette intuition, le vampire ramassa le trousseau de clés tombé des mains de sa victime et, la laissant sur le sol au milieu des tombeaux qu'elle avait entretenus, s'en alla ouvrir la porte.




La serrure ouverte, la porte dévoila un couloir aménagé en deux parties, chacune était obstruée par un rocher de taille humaine, fallait-il pousser celui de gauche ou celui de devant ? « Qu'importe, je vais pousser les deux ! Autant ne pas rester sur un doute... » dit Kain qui se dirigea vers le rocher droit devant lui...

Dans le fond, pierres et décorations murales s'entassaient, mais ce qui retint l'attention du vampire fût l'objet qui se trouvait au sol, il dégageait une énergie mystique, qui l'attirait.
En le saisissant, il l'examina et comprit qu'il s'agissait d'un artéfact légendaire : « Un c½ur des ténèbres ! Une parcelle du c½ur du plus noir des vampires ayant écumé Nosgoth... Janos Audron ! »
Kain se remémora ce qu'il, enfant, avait appris sur cette légende : Un antique ordre guerrier avait poursuivit Janos Audron et finalement pour le tuer, lui avait arraché son c½ur, sachant que c'était là l'unique moyen de le vaincre.
Se sentant perdu, Janos leur murmura dans une dernière complainte : « La vie est précieuse » tandis qu'eux la lui arrachaient de son corps palpitant et ensanglanté. La phrase se révéla prophétique car malgré sa mort son c½ur avait conservé un pouvoir extraordinaire, celui de ressusciter les vampires.
Peu de temps après cette découverte dont on ne connaissait pas la cause, le c½ur avait été découpé en de multiples parcelles et mis à l'abri. Depuis lors, la légende était devenue un conte transmis pour effrayer les enfants trop intrépides... Songeur, Kain rangea cette minuscule relique dans son armure et alla déplacer l'autre rocher.

Le nouveau passage donnait sur un petit escalier ; grâce à son trousseau de clés, Kain avait désormais accès à tout le mausolée, et pouvait à loisir visiter ses moindres interstices boueuses, sinistres et juste assez éclairées pour retrouver son chemin.




Arrivé en haut, le vampire observa la nouvelle salle : Carré, le sol était à présent fait de pierres fermes comme pour les murs où les décorations étaient nettement plus abondantes, il distingua aussi deux halos colorés comme pour le mécanisme qui lui avait permis de sortir de sa crypte.
« Ces lumières magiques... Quelles surprises m'a-t-on encore réservées..? »
L'un était au sol, et l'autre sur le mur en face de lui, mais les deux servaient à ouvrir une porte, Kain enfonça du pied celui au sol, le plus proche de lui.

Le mécanisme actionna l'ouverture de la porte à sa gauche. L'intérieur de la pièce dérobée, stupéfia Kain : « Mortanius est un homme prévoyant... Je me demande pour quelle raison tu es là, mais ne t'inquiètes plus, tu ne souffriras plus très longtemps... Peut-être pourrais-tu me dire, avant, l'utilité de l'objet que tu gardes ? »
Entre de deux anges de pierre, un homme en guenille pendait aux murs, enchaîné qu'il était, cela devait déjà faire quelques jours qu'il était là. L'homme visiblement trop faible ne répondit pas... « Bien, je vais découvrir cela par moi-même... »

Kain prit l'objet, celui-ci perdit à ce moment sa consistance et traversa le métal de l'armure : « Quelle étrange sensation !! Je me sens si... vivant tout d'un coup... Ainsi le pouvoir de cette fiole est de développer ma vie, c'est parfait ! Bon occupons-nous de toi, j'ai faim tout d'un coup... »
Une puissance vitale accrue demandait plus de sang, Kain l'apprenait grâce à cette fiole. L'homme mourut en silence tandis que le vampire se délecta de son sang...

En entrant dans la pièce, Kain avait senti un mécanisme s'actionner sous ses pas, sorti à présent, il constata que la porte en face de lui était à présent ouverte. Dissimulée, la pièce recelait une autre surprise au vampire.
« Encore un objet mystérieux... Je vais finir par croire que ce vieux nécromancien me gâte. Voyons donc son pouvoir... » Kain toucha l'artéfact, celui-ci émit alors une puissante lueur qui l'aveugla, puis pendant quelques secondes un symbole scintilla, l'instant d'après l'objet avait disparu.
Le vampire sentait l'énergie du symbole rayonner en lui : « Me voilà à présent détenteur de magie... ». L'éclair avait réveillé la femme suspendue au mur. « Ah tiens ! Tu es réveillé..? Ne crains rien je ferai très vite. »
La femme, déjà perdue dans ses gémissements, s'abandonna à son sort ; le vampire planta alors ses crocs dans le bras de la femme et suça sa vie sans un mot...





Il ne restait plus qu'à actionner le mécanisme du mur, Kain en s'en approchant, avait ressentit l'énergie magique à l'origine du halo de lumière. Pressant la brique, il devina le trajet de cette énergie qui avait ouvert la porte devant lui.

Ce don excitait particulièrement ses sens, car cette énergie se manifestait un peu partout et il l'appréciait telle une révélation sur le monde qui l'entourait.
Le passage menait à un nouvel escalier, Kain savait que, même si le chemin était long, chaque pas sur ces marches le rapprochait un peu plus de la surface.
Enfin, arrivé dans la salle supérieure, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un autre mort-vivant : Il déambulait autour d'une fosse centrale garnie de piques, tel un automate.
Kain fut amusé de voir ce tas d'ossements, pourri et fendu par endroits, marcher sans tenir compte de la présence du vampire.

Tandis qu'il jouait à l'éviter, en s'écartant au dernier moment de sa ronde, Kain remarqua qu'une autre salle jouxtait celle du gardien trépassé et contenait un dispositif mystérieux, en forme de stèle.
« Fini de jouer... » Le vampire brisa d'un coup d'épée le squelette, ses restes s'étalèrent alors sur le sol répandant par giclés une substance verdâtre et corrosive contenue dans sa moelle.
En plus d'être éc½urant le squelette se révélait être dangereux, Kain n'avait plus le sourire aux lèvres. Cette fois-ci, il n'avait rien eu, mais s'il advenait qu'une de ces créatures le touche, il serait alors blessé par le liquide contenu dans l'instable charpente qu'elles incarnaient ; même mort il devait donc se méfier de tout...




La stèle occupait toute la salle. Grande, elle était constituée d'un socle carré sur lequel se surmontaient un haut pylône central et quatre autres pylônes à mi-hauteur humaine. La stèle était aussi entièrement marquée de runes, dont l'une concordait avec la rune inscrite au dos de la carte de sort.
Intrigué, Kain se mit à examiner cette stèle plus minutieusement. Des marches l'amenèrent en haut du socle, et alors qu'il posait le pied sur un des symboles, les pylônes s'illuminèrent, toutes leurs runes flamboyaient littéralement. Kain ne pouvait plus bouger, tout autour de lui le temps semblait s'être arrêté.
L'instant où il avait posé le pied passait sans s'écouler, il durait inexorablement. C'est alors que l'engin dédoubla Kain en deux entités distinctes ; Kain ressentit cette opération comme une déchirure de son être, une partie de lui avait été arrachée.
Malgré cela, le vampire ne souffrait pas, tout au plus percevait-il une sorte de manque.

La machine relâcha son emprise et, absorbant le reflet éthéré qu'elle venait de créer, s'éteignit au plus grand plaisir du vampire. « Qu'est-ce qui m'est arrivé ?? Et pourquoi cet étrange appareil s'est-il déclenché tout seul ?!? »
« Dorénavant, je ne toucherai plus à cet objet, du moins tant que je n'en aurai pas appris plus sur son fonctionnement... » Résolu, Kain quitta la pièce avec la plus grande hâte, cette expérience lui avait ôté toute envie de faire d'autres découvertes ; revenir à la surface était devenu sa seule préoccupation à présent...

Kain retourna dans la salle précédente, car celle-ci ne comptait pas d'autre ouverture, et découvrit une sphère lévitant dans l'air. « Je n'avais même pas fait attention à cette chose... » Le vampire passa sa main autour de l'objet et ressentit l'énergie magique qui le constituait. Rassuré, il y enfonça sa main, l'énergie s'échappa alors et pénétra en lui.

« Ces sphères sont extraordinaires » pensa-t-il, « je me sens si empli d'énergie... » mais le vampire remarqua aussi qu'il n'avait pas pu accumuler toute l'énergie contenue dans la sphère, il lui restait donc à acquérir d'autres artéfacts, tel celui qui lui avait donné le pouvoir de ressentir la magie...





À présent, il n'y avait plus rien d'intéressant, Kain utilisa les clés et déverrouilla la porte opposée à celle par laquelle il était entré.
« Encore des marches... » le vampire gravit vite le nouvel escalier et pénétra dans une salle totalement différente des précédentes.
« Des vitraux ! Enfin ! » Le vampire pouvait enfin voir au travers de verres colorés cette lumière qu'il recherchait tant.
Avant de pouvoir les toucher, il devait encore emprunter un autre escalier, mais il savait qu'il s'agissait du dernier, d'ailleurs il était somptueux : il faisait penser à un escalier de château, large et muni de rampes, on pouvait voir à ses pieds deux énormes vases et des torches sur de petits piliers, enfin comparé aux vulgaires marches taillées dans la pierre brute qu'il avait gravies jusque-là, celui-ci était constitué de nombreuses marches régulières et composées de pierres agencées.

Kain monta avec agrément, l'air devenait de plus en plus respirable, chaque pas l'éloignant de l'odeur viciée de la mort.
En haut, il put toucher le verre de ces vitraux, ils étaient froids mais procuraient au vampire une joie intérieure. « Je vais pouvoir respirer à nouveau l'air frais ! »
Le vampire laissa glisser sa main sur le mur tandis qu'il avançait dans le nouveau couloir, la pierre froide lui procurait une sorte d'apaisement devant l'attente qu'il ressentait après cet exil forcé.

De vagues bruits commençaient à lui parvenir, d'abords faibles et inintelligibles, les bruits devenaient de plus en plus forts à mesure qu'il approchait du bout du couloir. « Le tonnerre ! Il pleut donc à l'extérieur... » se dit Kain, qui trouvait enfin la sortie.

# Posté le dimanche 29 avril 2007 13:32

Modifié le mercredi 09 mai 2007 07:07