II- Chemin Tracé
-- Non ! Nooooooon !!! Tant de sang répandu sur ce corps -- Mais, est-ce possible ? C'est moi !! Que m'est-il arrivé ? -- Je suis... non, ce n'est pas possible ! -- Où vais-je ? Quelle étrange réalité, ces couleurs et ces lumières m'attirent, tout autour de moi ce n'est que brillance et beauté, le chant de ces êtres m'emplit d'une joie intérieure -- Vivant, je suis vivant ! Comment est-ce possible ? Chaud, il fait très chaud, quel étrange cercle de symboles. Qui est là ? -- Oui, je me vengerai -- Hein ! Mais qu'est-ce que ? Ahhhhh !!! -- Kain, réveille-toi, Kain... Kain ! --
Partagé entre la réalité et le monde des rêves, l'esprit de Kain cherchait dans cette confusion l'origine de ces songes, ce ballet d'images et d'hallucinations, qui rendait floue toute correspondance entre les évènements. Il semblait l'envahir, le noyant dans un flux de visions entremêlées, certaines d'une monstruosité insoutenable, d'autres si radieuses que les mots ne peuvent suffire pour traduire leur perfection inhumaine.
De ce défilement ininterrompu de lumières aveuglantes et d'obscurité, de sensations artificielles et de souvenirs bien réels, un nouvel être émergea, non pas par volonté mais par demande, non pas par contrôle mais par habitude. En lui se distillait le désir violent de la mort : de proie il était devenu le prédateur, son corps réclamait la pitance. L'esprit et la chair s'accordèrent et mué par une énergie immatérielle, il prit conscience de son existence.
Bougeant ses membres, Kain ressentit l'impassible étreinte de sa prison de bois, cette gêne accentua son éveil. Il ouvrit ses paupières, révélant le maigre spectacle qui s'offrait à lui : un noir absolu, ne laissant deviner aucune échappée vers l'extérieur. Palpant cet inconnu qui entourait ses yeux, il entreprit de coulisser ce qui finalement s'apparentait à une surface plutôt rigide ; mais solidement fixée, il ne put la déplacer.
De rage plus que de peur, Kain se mit alors à frapper la pièce de bois. Ses poings eurent bientôt raison des clous qui le retenaient. La plaque retomba avec échos, dans la poussière, dévoilant le plafond pierreux de la salle où il avait été entreposé.
La bête sortit aussitôt de sa cage végétale, se levant pour examiner l'abri qui l'avait contenu. Les pupilles habituées à l'obscurité purent alors discerner sans mal l'espace faiblement éclairé qui se découvrait : Tout autour de lui, la pierre et la mousse s'arrangeaient en de multiples mosaïques ruisselantes de perles d'eau, qui scintillaient grâce aux étranges teintes des lumières diffuses, projetées par les murs du mausolée.
L'odeur, en effet, ne trompait pas, elle emplissait ses narines d'émanations sépulcrales, mélange de pourritures charnelles et de terres humidifiées ; ce faisant, un léger souffle caressa sa joue, il provenait du dessous de la porte et ne faisait qu'exciter son appétit.
Kain s'en approcha et constata que la porte était verrouillée, malheureusement la force brute d'un vampire ne suffirait pas à l'ouvrir, il fallait trouver un autre moyen.
Regardant vers le cercueil, il aperçût l'épée qui l'avait transpercé, elle était là, cachée en partie sous le couvercle défoncé bordant la fosse, lui renvoyant des reflets métalliques et l'invitant à la prendre.
En la saisissant, les souvenirs de sa transformation jaillirent, il se revit acceptant l'épée et devenir un vampire. Pendant un instant une sorte d'hésitation le prit, mais observant son armure, il comprit que lui aussi avait bel et bien changé, dans sa tête défilaient les scènes de son assassinat, elles lui rappelaient pourquoi il avait décidé de ressusciter et pourquoi il se trouvait là...
La rage mêlée à une forme de mélancolie le prenant, il formula une dernière complainte : « Je me réveille à la douleur d'une nouvelle existence, dans les entrailles humides des ténèbres et de la décrépitude. »
Kain avait désiré revivre pour se venger et à présent il était prêt. Brusquement un symbole s'illumina dans un coin, Kain s'en approcha, et appuyant dessus, déclencha l'ouverture de la porte.
Passant le seuil, il regarda une dernière fois, derrière-lui, la fosse qui avait été destinée à accueillir son improbable bagage mortuaire...
Ayant passé le seuil, Kain remarqua qu'au centre de la nouvelle pièce était dessinée une esquisse de lui.
« Étrange », dit-il, « ma propre représentation sur le sol et cette surprenante lueur bleutée qui se diffuse à partir d'elle... »
Kain était hypnotisé par la lueur, s'en approchant, il marcha machinalement sur la dalle colorée. C'est alors que, lévitant dans un éblouissant faisceau de lumières, apparut un artéfact magique.
L'envie guidant sa main, Kain toucha l'objet, déclenchant ainsi l'arrêt du faisceau. Dans sa paume, il ressentit toute la puissance qui se dégageait de l'objet.
Il s'agissait d'une carte de sort, carte contenant sa propre magie et pouvant être utilisée par son possesseur dès qu'il le désirait.
L'examinant de plus près, Kain s'aperçut que l'une des faces possédait la même représentation que sur le sol, à croire que l'objet lui était spécifiquement destiné.
Sur l'autre face était inscrit un étrange symbole, « sûrement une rune oubliée » se dit-il.
Il fallait maintenant savoir à quoi pouvait bien servir cette carte et la seule façon de le savoir était de la faire fonctionner, le seul problème résidait en ce sens : étant chevalier, il n'avait jamais appris la magie.
Enfin, à présent il ressentait les auras enchantées de la Nature. « Peut-être qu'en me concentrant sur la carte, j'arriverais à m'en servir » se dit-il.
Kain n'eut pas à se concentrer longtemps, être vampire procurait des dons particulièrement puissants ; malgré tout, il fut déconcerté par la facilité avec laquelle il activa la carte.
Après plusieurs activations, il comprît que ce sort provoquait une téléportation ramenant son possesseur sur l'image au sol. Pour l'instant la carte n'avait pas d'utilité particulière, mais elle pourrait en révéler par la suite...
Pris par ses essais Kain n'avait pas prêté attention à l'ouverture simultanée d'une porte lorsqu'il avait reçu la carte de sort. Elle débouchait sur un escalier menant à un étage supérieur du mausolée.
Commençant à gravir les nombreuses marches, Kain distingua le bruit strident caractérisant le choc des pelles raclant les sols rocailleux ; il y avait un homme là-haut.
Kain se rappela ce qui l'avait réveillé : la faim plus que tout autre chose. Marche après marche, l'excitation décuplait ses sens, l'éloignant du commun des mortels.
La bête avait repris le dessus, percevant de mieux en mieux les gouttes de sueur qui retombaient avec rythme sur la pierre dans un écho régulier ; le choc thermique les faisait s'évaporer dans l'atmosphère confinée de la salle.
Elle imaginait leur parcours antérieur, rendant la proie plus appétissante : D'abord libérées par les pores de la peau, les gouttes ruisselaient ensuite sur les manches, traversant le tissu et le rendant humide, se chargeant des parfums corporels de l'homme s'adonnant au travail.
L'odeur qui se dégageait, lorsqu'il s'essuyait le front d'un revers de manche, l'excitait de plus belle ; elle frissonnait de plaisir tandis que sa respiration, s'intensifiant, laissait son odorat profiter des parfums charnels.
La dernière marche avait été gravie, elle toisait à présent sa proie, concentrée sur son travail, ses yeux réagissant au moindre mouvement. Kain était tout entier à sa prédation. Ses pas légers se rapprochaient maintenant de plus en plus de l'homme.
Les torches l'éclairaient, c'était un fossoyeur assez vieux, caractéristique de sa profession, vêtu d'un habit noir de lin avec le teint livide des hommes de l'obscurité, mais qui gardait assez de force pour supporter la peine de son métier ; s'arrêtant pour prendre une pose, l'homme se retourna, surprenant Kain dans son approche silencieuse : « Mais c'est pas possible ! Ch't'ai vu mort ! C'est moi qui t'ai enterré. Comment tu peux êt'e debout d'vant moi ? »
La bête esquissa un sourire, il n'y aurait pas de réponse à cette question. L'arme à la main, elle attaqua. Le manche de bois bloqua le premier coup de justesse, l'homme avait réagit par réflexe et n'avait pas encore plongé son regard dans celui de la bête humaine.
L'instant d'après, les yeux humains croisèrent ceux rougeoyants de la bête. L'homme fut paralysé par cette vision et oublia le combat, toute son attention se portant sur ces effrayants yeux lumineux.
Profitant de cette faiblesse, Kain, ivre de folie, enchaîna ; et, trois nouveaux coups s'abattirent sur son corps, trois ouvertures béantes d'où son sang s'écoulait rapidement, lui arrachant les cris de douleurs des désespérés.
Mortellement blessé, l'homme s'écroula sur le sol, s'accrochant à sa vie. « Je ne veux pas mourir. » L'homme rampait désespérément en direction de la porte.
Sortant une clé d'une de ses poches, il tendit son bras comme pour simuler son ouverture.
La scène amusait la Bête, elle s'approcha de l'homme transi de peur et de son pied s'appuya sur lui pour le bloquer, puis elle le libéra et recommença plusieurs fois. Le jeu prit fin, quand l'homme, n'en pouvant plus, arrêta de résister.
Kain, eu un moment d'hésitation devant ce flot de sang qui s'écoulait vivement des blessures ; cette appréhension devant une nouvelle nourriture était bien naturelle mais la faim le tenaillait, alors n'y tenant plus, il se jeta sur le mourrant, plantant ses crocs dans l'une des blessures...
À mesure qu'il buvait avidement le liquide vital, il sentit sa première victime s'alanguir. Se débattant avec ce qui lui restait de force, l'homme eut de moins en moins de réaction jusqu'au moment où ses forces l'abandonnèrent...
Kain relâcha ensuite son étreinte du corps sans vie du vieil homme et essuya du revers de sa manche un mince filet de sang qui coulait de ses lèvres : « Quel délice... » Jamais, dans sa courte existence humaine, il n'avait goûté pareil calice. Et, cette douce chaleur qui se répandait dans ses veines glacées pour lui apporter une vie nouvelle, c'était presque divin, magique.
Il se sentit plus fort qu'il ne l'avait jamais été, un sentiment de bien être l'envahissait et la bête qui avait momentanément dominé ses pulsions avait maintenant disparu ; Kain pensa : « Sûrement réapparaîtra-t-elle si d'aventure la faiblesse de mon état premier se répète... telle une sorte d'ultime conscience, gardienne vigilante et brutale veillant à ma vie mais me rendant incontrôlable... »
Tout en réfléchissant sur cette intuition, le vampire ramassa le trousseau de clés tombé des mains de sa victime et, la laissant sur le sol au milieu des tombeaux qu'elle avait entretenus, s'en alla ouvrir la porte.
La serrure ouverte, la porte dévoila un couloir aménagé en deux parties, chacune était obstruée par un rocher de taille humaine, fallait-il pousser celui de gauche ou celui de devant ? « Qu'importe, je vais pousser les deux ! Autant ne pas rester sur un doute... » dit Kain qui se dirigea vers le rocher droit devant lui...
Dans le fond, pierres et décorations murales s'entassaient, mais ce qui retint l'attention du vampire fût l'objet qui se trouvait au sol, il dégageait une énergie mystique, qui l'attirait.
En le saisissant, il l'examina et comprit qu'il s'agissait d'un artéfact légendaire : « Un c½ur des ténèbres ! Une parcelle du c½ur du plus noir des vampires ayant écumé Nosgoth... Janos Audron ! »
Kain se remémora ce qu'il, enfant, avait appris sur cette légende : Un antique ordre guerrier avait poursuivit Janos Audron et finalement pour le tuer, lui avait arraché son c½ur, sachant que c'était là l'unique moyen de le vaincre.
Se sentant perdu, Janos leur murmura dans une dernière complainte : « La vie est précieuse » tandis qu'eux la lui arrachaient de son corps palpitant et ensanglanté. La phrase se révéla prophétique car malgré sa mort son c½ur avait conservé un pouvoir extraordinaire, celui de ressusciter les vampires.
Peu de temps après cette découverte dont on ne connaissait pas la cause, le c½ur avait été découpé en de multiples parcelles et mis à l'abri. Depuis lors, la légende était devenue un conte transmis pour effrayer les enfants trop intrépides... Songeur, Kain rangea cette minuscule relique dans son armure et alla déplacer l'autre rocher.
Le nouveau passage donnait sur un petit escalier ; grâce à son trousseau de clés, Kain avait désormais accès à tout le mausolée, et pouvait à loisir visiter ses moindres interstices boueuses, sinistres et juste assez éclairées pour retrouver son chemin.
Arrivé en haut, le vampire observa la nouvelle salle : Carré, le sol était à présent fait de pierres fermes comme pour les murs où les décorations étaient nettement plus abondantes, il distingua aussi deux halos colorés comme pour le mécanisme qui lui avait permis de sortir de sa crypte.
« Ces lumières magiques... Quelles surprises m'a-t-on encore réservées..? »
L'un était au sol, et l'autre sur le mur en face de lui, mais les deux servaient à ouvrir une porte, Kain enfonça du pied celui au sol, le plus proche de lui.
Le mécanisme actionna l'ouverture de la porte à sa gauche. L'intérieur de la pièce dérobée, stupéfia Kain : « Mortanius est un homme prévoyant... Je me demande pour quelle raison tu es là, mais ne t'inquiètes plus, tu ne souffriras plus très longtemps... Peut-être pourrais-tu me dire, avant, l'utilité de l'objet que tu gardes ? »
Entre de deux anges de pierre, un homme en guenille pendait aux murs, enchaîné qu'il était, cela devait déjà faire quelques jours qu'il était là. L'homme visiblement trop faible ne répondit pas... « Bien, je vais découvrir cela par moi-même... »
Kain prit l'objet, celui-ci perdit à ce moment sa consistance et traversa le métal de l'armure : « Quelle étrange sensation !! Je me sens si... vivant tout d'un coup... Ainsi le pouvoir de cette fiole est de développer ma vie, c'est parfait ! Bon occupons-nous de toi, j'ai faim tout d'un coup... »
Une puissance vitale accrue demandait plus de sang, Kain l'apprenait grâce à cette fiole. L'homme mourut en silence tandis que le vampire se délecta de son sang...
En entrant dans la pièce, Kain avait senti un mécanisme s'actionner sous ses pas, sorti à présent, il constata que la porte en face de lui était à présent ouverte. Dissimulée, la pièce recelait une autre surprise au vampire.
« Encore un objet mystérieux... Je vais finir par croire que ce vieux nécromancien me gâte. Voyons donc son pouvoir... » Kain toucha l'artéfact, celui-ci émit alors une puissante lueur qui l'aveugla, puis pendant quelques secondes un symbole scintilla, l'instant d'après l'objet avait disparu.
Le vampire sentait l'énergie du symbole rayonner en lui : « Me voilà à présent détenteur de magie... ». L'éclair avait réveillé la femme suspendue au mur. « Ah tiens ! Tu es réveillé..? Ne crains rien je ferai très vite. »
La femme, déjà perdue dans ses gémissements, s'abandonna à son sort ; le vampire planta alors ses crocs dans le bras de la femme et suça sa vie sans un mot...
Il ne restait plus qu'à actionner le mécanisme du mur, Kain en s'en approchant, avait ressentit l'énergie magique à l'origine du halo de lumière. Pressant la brique, il devina le trajet de cette énergie qui avait ouvert la porte devant lui.
Ce don excitait particulièrement ses sens, car cette énergie se manifestait un peu partout et il l'appréciait telle une révélation sur le monde qui l'entourait.
Le passage menait à un nouvel escalier, Kain savait que, même si le chemin était long, chaque pas sur ces marches le rapprochait un peu plus de la surface.
Enfin, arrivé dans la salle supérieure, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un autre mort-vivant : Il déambulait autour d'une fosse centrale garnie de piques, tel un automate.
Kain fut amusé de voir ce tas d'ossements, pourri et fendu par endroits, marcher sans tenir compte de la présence du vampire.
Tandis qu'il jouait à l'éviter, en s'écartant au dernier moment de sa ronde, Kain remarqua qu'une autre salle jouxtait celle du gardien trépassé et contenait un dispositif mystérieux, en forme de stèle.
« Fini de jouer... » Le vampire brisa d'un coup d'épée le squelette, ses restes s'étalèrent alors sur le sol répandant par giclés une substance verdâtre et corrosive contenue dans sa moelle.
En plus d'être éc½urant le squelette se révélait être dangereux, Kain n'avait plus le sourire aux lèvres. Cette fois-ci, il n'avait rien eu, mais s'il advenait qu'une de ces créatures le touche, il serait alors blessé par le liquide contenu dans l'instable charpente qu'elles incarnaient ; même mort il devait donc se méfier de tout...
La stèle occupait toute la salle. Grande, elle était constituée d'un socle carré sur lequel se surmontaient un haut pylône central et quatre autres pylônes à mi-hauteur humaine. La stèle était aussi entièrement marquée de runes, dont l'une concordait avec la rune inscrite au dos de la carte de sort.
Intrigué, Kain se mit à examiner cette stèle plus minutieusement. Des marches l'amenèrent en haut du socle, et alors qu'il posait le pied sur un des symboles, les pylônes s'illuminèrent, toutes leurs runes flamboyaient littéralement. Kain ne pouvait plus bouger, tout autour de lui le temps semblait s'être arrêté.
L'instant où il avait posé le pied passait sans s'écouler, il durait inexorablement. C'est alors que l'engin dédoubla Kain en deux entités distinctes ; Kain ressentit cette opération comme une déchirure de son être, une partie de lui avait été arrachée.
Malgré cela, le vampire ne souffrait pas, tout au plus percevait-il une sorte de manque.
La machine relâcha son emprise et, absorbant le reflet éthéré qu'elle venait de créer, s'éteignit au plus grand plaisir du vampire. « Qu'est-ce qui m'est arrivé ?? Et pourquoi cet étrange appareil s'est-il déclenché tout seul ?!? »
« Dorénavant, je ne toucherai plus à cet objet, du moins tant que je n'en aurai pas appris plus sur son fonctionnement... » Résolu, Kain quitta la pièce avec la plus grande hâte, cette expérience lui avait ôté toute envie de faire d'autres découvertes ; revenir à la surface était devenu sa seule préoccupation à présent...
Kain retourna dans la salle précédente, car celle-ci ne comptait pas d'autre ouverture, et découvrit une sphère lévitant dans l'air. « Je n'avais même pas fait attention à cette chose... » Le vampire passa sa main autour de l'objet et ressentit l'énergie magique qui le constituait. Rassuré, il y enfonça sa main, l'énergie s'échappa alors et pénétra en lui.
« Ces sphères sont extraordinaires » pensa-t-il, « je me sens si empli d'énergie... » mais le vampire remarqua aussi qu'il n'avait pas pu accumuler toute l'énergie contenue dans la sphère, il lui restait donc à acquérir d'autres artéfacts, tel celui qui lui avait donné le pouvoir de ressentir la magie...
À présent, il n'y avait plus rien d'intéressant, Kain utilisa les clés et déverrouilla la porte opposée à celle par laquelle il était entré.
« Encore des marches... » le vampire gravit vite le nouvel escalier et pénétra dans une salle totalement différente des précédentes.
« Des vitraux ! Enfin ! » Le vampire pouvait enfin voir au travers de verres colorés cette lumière qu'il recherchait tant.
Avant de pouvoir les toucher, il devait encore emprunter un autre escalier, mais il savait qu'il s'agissait du dernier, d'ailleurs il était somptueux : il faisait penser à un escalier de château, large et muni de rampes, on pouvait voir à ses pieds deux énormes vases et des torches sur de petits piliers, enfin comparé aux vulgaires marches taillées dans la pierre brute qu'il avait gravies jusque-là, celui-ci était constitué de nombreuses marches régulières et composées de pierres agencées.
Kain monta avec agrément, l'air devenait de plus en plus respirable, chaque pas l'éloignant de l'odeur viciée de la mort.
En haut, il put toucher le verre de ces vitraux, ils étaient froids mais procuraient au vampire une joie intérieure. « Je vais pouvoir respirer à nouveau l'air frais ! »
Le vampire laissa glisser sa main sur le mur tandis qu'il avançait dans le nouveau couloir, la pierre froide lui procurait une sorte d'apaisement devant l'attente qu'il ressentait après cet exil forcé.
De vagues bruits commençaient à lui parvenir, d'abords faibles et inintelligibles, les bruits devenaient de plus en plus forts à mesure qu'il approchait du bout du couloir. « Le tonnerre ! Il pleut donc à l'extérieur... » se dit Kain, qui trouvait enfin la sortie.